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Samer Halimeh, le Libanais qui met ses diamants au cou de Jennifer Lopez, Rihanna, Mariah Carey...

Le joaillier, propriétaire de deux boutiques éponymes à New York et Londres, se confie sur les hauts et les bas de sa vie, de Aley à New York, du Brésil à l’Afrique du Sud.


Son père le rêvait médecin et l’appelle aujourd’hui encore Hakim. Mais Samer Halimeh, fasciné par les diamants, a choisi de devenir joaillier. La presse internationale le surnomme d’ailleurs le roi des diamants ou encore le joaillier des tapis rouges. En dépit de sa célébrité, l’on sait peu de choses sur Samer Halimeh. « Je n’aime pas trop parler de moi, confie-t-il à L’Orient-Le Jour. Avant, les joailliers habillaient des rois et des reines, et on ne savait rien à leur sujet. »

Son nom revient souvent lorsque l’on parle de stars qui portent les bijoux de la marque éponyme qu’il a fondée. Pour son mariage avec Ben Affleck, Jennifer Lopez a ainsi opté pour des boucles d’oreilles composées de 27 carats de diamants en forme de poire, d’une valeur de 2 millions de dollars, signées Samer Halimeh. Lorsqu’elle a épousé le Libanais Michael Boulos, Tiffany, la fille de Donald Trump, portait une bague de diamants signée par le Libano-Américain qui valait plus d’un million de dollars. Samer Halimeh, 44 ans aujourd’hui, marié et père de 4 enfants, voit le jour à Aley dans une famille de médecins. Il grandit dans un Liban en guerre. Très jeune, il découvre qu’il est fasciné par les diamants. Lorsqu’il a 12 ans, il amasse la petite somme d’argent qu’il reçoit pour l’Adha et achète, dans une joaillerie de Hamra, une bague surmontée d’un « minuscule » diamant. Il l’offrira à sa mère. « Elle l’a toujours », confie-t-il.

De l’arnaque à Cartier

Alors qu’il a 16 ans et qu’il étudie au Lycée français à Beyrouth, son père décide de l’envoyer loin de la guerre, à Los Angeles. Après le lycée, il opte pour des études de business à l’Université de Pepperdine, à Malibu. Un parcours qu’il abandonne au bout de deux ans. Sa passion pour les diamants prend le dessus, et il préfère suivre une formation en gemmologie au Gemological Institute of America (GIA). Lorsqu’il obtient son diplôme, son père l’encourage à retourner au Liban et à ouvrir une bijouterie à Aley. Cet épisode fait rire Samer Halimeh aux éclats. « J’ai tout fait à l’encontre de ses désirs », dit-il. Le jeune homme voit grand et choisit New York. De 21 à 25 ans, il travaille dans une compagnie américaine de diamants. Il économise 37 000 dollars dans l’espoir de lancer son entreprise à 25 ans, mais les choses ne se déroulent pas comme il veut. Il voyage au Brésil et achète pour 30 000 dollars de diamants. Mais une fois à New York, on ne lui en propose que 5 000 pour les racheter. Il comprend alors qu’il a fait une mauvaise affaire et ne vend pas ces pierres. Plus tard, il les montera sur un pendentif en forme de carte du Liban. Un collier qu’il porte encore. « Pour ne jamais oublier qu’un jour, je me suis fait arnaquer. »



C’est finalement un voyage en Afrique du Sud qui le lancera sur la bonne voie. Il y rencontre un Libanais qui lui confie plusieurs diamants à vendre à New York. Il le fait, et à bon prix. Leur partenariat se poursuit et Samer Halimeh lance son affaire Diamond 2000. Il met en place une petite équipe, importe, taille et vend des diamants. Cartier et Tiffany deviennent ses premiers grands clients. En 2008, il inaugure sa boutique éponyme à New York et se met à vendre de la joaillerie. Il s’installera ensuite dans plusieurs villes de manière temporaire : en Arabie saoudite, à Singapour et en Malaisie. Aujourd’hui, il possède une boutique à New York et une autre à Londres. Cette dernière aurait coûté 10 millions de livres sterling et serait la boutique la plus chère de la capitale anglaise. Samer Halimeh reçoit aussi, sur rendez-vous uniquement, dans ses bureaux à Dubaï et Hong Kong. L’été 2023, une autre enseigne portant son nom ouvrira ses portes à Beyrouth sur l’avenue Foch. « Pas vraiment pour le business, mais plutôt pour soutenir le Liban. Beyrouth sera toujours Beyrouth quoi qu’il arrive. »


Elton John et Angelina Jolie

Samer Halimeh achète son diamant à l’état brut le plus souvent en Afrique ou au Canada, avec une préférence pour les diamants colorés, notamment les roses et les bleus, plus rares. « Nous n’avons pas de middleman (intermédiaire), nous allons directement à la source : les mines. » Il assure que ces diamants sont « 100 % éthiques ». « Nous respectons le processus Kimberley », note-t-il ; un processus qui a été mis en place il y a une vingtaine d’années par des États, des professionnels du diamant et des organisations de la société civile pour mettre un terme au commerce international des « diamants du sang », dont l’extraction finance les conflits armés.


« Nous soutenons les mineurs locaux et nous voulons qu’à travers leur travail, ils puissent développer leur communauté », explique Samer Halimeh. Le joaillier déniche aussi des pièces rares dans les ventes aux enchères. En 2016, pendant l’une de ces ventes organisée par Sotheby’s, il achète une bague en diamant rose clair de 40,30 carats, en forme de poire, à 7,5 millions de dollars. Plus tard, lors d’une vente organisée par Christie’s, il achète un pendentif en diamant de 78,29 carats à 2,9 millions de dollars. Son premier client star sera Elton John, qu’il rencontre en 2005 à Londres, qui lui commande une broche. Suivront Oprah Winfrey, Angelina Jolie et bien d’autres. « Je les rencontre personnellement parce que je considère que le contact humain est important. » Mais tout n’est pas toujours rose avec sa clientèle. En 2018, Samer Halimeh a engagé des poursuites contre l’ancienne Première dame malaisienne Rosmah Mansor qu’il accuse de ne lui avoir pas payé des millions de dollars de joailleries. Celle-ci n’est autre que l’épouse de Najib Razak, chassé du pouvoir lors des élections de 2018 puis condamné à douze ans de prison pour corruption, blanchiment d’argent et abus de pouvoir. « Je lui ai envoyé des pièces pour qu’elle en choisisse quelques-unes avant de me les rendre, mais elle ne me les a jamais rendues », accuse-t-il.



OLJ / Par Nour BRAIDY, le 11 janvier 2023 à 00h01


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